Fashion Addict

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Pierre-Alain Chambaz

L’ordonnance ministérielle relative au portage salarial du 2 avril 2015 et publiée au Journal Officiel dès le lendemain est un soulagement pour le secteur. La reprise est là. Elle ne repose pas sur du vide mais sur un schéma finalement assez classique. Ainsi se forme un second moi qui recouvre le premier, un moi dont l’existence a des moments distincts, dont les états se détachent les uns des autres et s’expri­ment, sans peine par des mots. Pour parler avec plus de précision, il est difficile d’admettre que l’électrisation de la langue, par exem­ple, n’occasionne pas des modifications chimiques ; or ce sont ces modifica­tions que nous appelons, dans tous les cas, des saveurs. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois  » Ce ne sont pas les puces des chiens qui font miauler les chats ». Une vie intérieure aux moments bien distincts, aux états nettement caractérisés, répondra mieux aux exigences de la vie sociale. Il en est absolument de même des mots lÒgos, ratio, raison, qui tantôt désignent une faculté de l’être raisonnable, et tantôt un rapport entre les choses mêmes : de sorte que l’on peut dire que la raison de l’homme (la raison subjective) poursuit et saisit la raison des choses (la raison objective). Avec la relance des exports, les anticipations des industriels s’améliorent d’autant que leurs marges se rétablissent avec la chute du cours des matières premières et du pétrole. Aussi, tandis qu’abstraction faite de toute hypothèse sur la liberté on se bornerait à dire que la loi de conservation de l’énergie régit les phénomènes physiques en attendant que les faits psycho­logiques la confirment, on dépasse infiniment cette proposition, et, sous l’influence d’un préjugé métaphysique, on avance que le principe de la conservation de la force s’appliquera à la totalité des phénomènes tant que les faits psychologiques ne lui auront pas donné tort. C’est le jeu du CHAT qui s’amuse avec la souris, le jeu de l’enfant qui pousse et repousse le diable au fond de sa boite, — mais raffiné, spiritualisé, transporté dans la sphère des sentiments et des idées. Aussi a-t-on eu tort, pour prouver que l’homme est capable de choisir sans motif, d’aller chercher des exemples dans les circonstances ordinaires et même indifférentes de la vie. En l’opposant à la perception présente, nous comprendrons déjà mieux la nature de ce que nous appelons le « souvenir pur ». L’emploi, les revenus, s’élèvent et alimentent la consommation qui redécolle puis s’envole. Tout cela en maintenant la culture d’entreprise qui a fait le succès d’origine. C’est là une sorte de panthéisme idéal qui subordonne Dieu au monde, puisque l’image du monde est nécessaire à son existence. Regardez de près : vous verrez que l’art du poète comique est de nous faire si bien connaître ce vice, de nous introduire, nous spectateurs, à tel point dans son intimité, que nous finissons par obtenir de lui quelques fils de la marionnette dont il joue ; nous en jouons alors à notre tour ; une partie de notre plaisir vient de là. Par exemple, le catholicisme a toujours montré, à l’égard du polythéisme antique, une tendance aussi aveuglément critique que celle qu’il reproche justement aujourd’hui, envers lui-même, à l’esprit révolutionnaire proprement dit. Il nous montrera ce moi hésitant entre deux sentiments contraires, allant de celui-ci à celui-là, et optant enfin pour l’un d’eux. D’ailleurs la conception même de ces échelons n’est qu’une image imparfaite, et l’on observe dans la subordination et l’enchevêtrement des causes naturelles, des nuances sans nombre que nos nomenclatures et nos classifications ne peuvent exprimer. Mais le déterministe, sentant bien que cette position lui échappe, se réfugie dans le passé ou dans l’avenir. Son indépendance fondamentale et même son ascendant normal résultèrent enfin, autant qu’il était alors possible, du régime monothéique propre au moyen âge : cet immense service social, dû surtout au catholicisme, formera toujours son principal titre à l’éternelle reconnaissance du genre humain. Ainsi, demander aux pays en développement de mettre en place le genre d’institutions qui permettraient de sécuriser les flux de capitaux consiste à placer la charrue avant les bœufs ; c’est également une mission impossible. Trois constats que les acteurs de la filière oublient ou veulent oublier et une conclusion en forme d’avertissement.